Netbooks, qu’êtes-vous?

Il y a quelques temps, Michael Dell prétendait que les netbooks n’offrent qu’une piètre « expérience utilisateur ». Ceci étant, il est assez facile de supposer que c’est lié au fait que les ventes de netbooks commençent à rogner les marchés plus juteux des ordinateurs « traditionnels », mettant ainsi les constructeurs dans une situation très inconfortable : un des types de machine les plus plébiscités de tous les temps qui met à mal les plus rentables.

Au bout du compte, Michael Dell a même raison : en tant qu’ordinateur « générique », ils n’offrent qu’une piètre expérience, en termes de rapidité comme d’espace utile à l’écran. Mais cette regrettable état de fait est – pour l’essentiel – le fait des fabricants de matériel.

Le premier avatar du concept de netbook – le bon vieux EeePC 701 – était pour ainsi dire un type de machine à lui tout seul : il avait une interface utilisateur sur mesure, et il était évident alors qu’il ne visait qu’un ensemble circonscrit d’utilisations : jeter un coup d’oeil rapide au web, écouter de la musique ou regarder une petite vidéo. Ce genre de choses. Pas complètement différent de ce pour quoi on utilise un smartphone, mais dans des cas qui permettent de transporter un appareil légèrement plus gros et plus facile à utiliser.

À ce moment-là, voyant les énormes ventes de ces petits morceaux de matériel informatique, les constructeurs se sont imaginé que s’ils y ajoutaient Windows XP et des disques durs plus gros, ils en vendraient encore davantage. Et c’était complètement vrai, à tel point que les gens se sont mis à vouloir des netbooks à la place de machines traditionnelles, et non plus en complément (pour des économies de bout de chandelle, ou bien parce que c’était un moyen d’avoir XP au lieu du très décrié Vista, c’est selon).

Ceci a fini par bouter les dernières traces d’innovations hors de ces appareils, telles qu’un système d’exploitation différent, un stockage centralisé non-mécanique ou une offre logicielle spécifiquement destinée à ces tailles d’écran : y’a qu’à coller MS Office dessus, et ça marchera nickel, non?

Cette situation est détestable pour les utilisateurs, qui achètent ainsi un marteau alors qu’ils avaient besoin d’un tournevis, et pour les vendeurs qui voient leurs marges confisquées.

J’espère que la leçon portera, et que les constructeurs apprendront à moins redouter l’innovation, plutôt que de toujours choisir la voie de moindre résistance. J’espère aussi que les nouveaux appareils – comme ceux sous processeur ARM, peut-être associés à un usage résolu des écrans tactiles – feront des netbooks les machines innovantes qu’ils méritent d’être, plutôt que des ordinateurs portables légèrement plus stupides que la moyenne.

D’après l’article original de mart, cet article est sous Licence CC-BY-SA 2.0

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